Le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré mardi être opposé à un événement prévu samedi à Manhattan par un groupe nationaliste hindou qui, selon le site web de ce dernier, verra son dirigeant Mohan Bhagwat prendre la parole.
Le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS) ('Organisation patriotique nationale'), généralement classé comme un groupe paramilitaire hindou et d'extrême-droite, est considéré comme le précurseur idéologique du Parti du peuple indien (BJP), le parti de droite nationaliste hindou au pouvoir depuis 2014 en Inde.
"Je ne soutiens pas ce rassemblement, mais je ne sais pas si la ville a le pouvoir d'annuler un événement privé", a déclaré Zohran Mamdani, premier maire musulman et indo-américain de New York.
"La vision de l'Inde que ma famille m'a transmise et avec laquelle j'ai grandi était celle d'une société pluraliste au sein d'une république laïque, qui croyait en l'appartenance de chaque personne originaire d'Inde. Et il est extrêmement troublant de voir émerger un mouvement fondé sur une vision d'exclusion", a-t-il déclaré.
Le site web de l'événement présente le rassemblement du 29 août comme la "Célébration de l'unité universelle", réunissant la communauté hindoue américaine.
Les organisateurs, American Hindus for Engagement and Dialogue, affirment que l'événement bénéficie du soutien de plusieurs groupes hindous américains et qu'il promeut un patrimoine commun et l'unité interconfessionnelle.
De nombreuses organisations locales l'ont cependant critiqué en raison de la présence de Mohan Bhagwat et de l'histoire du RSS.
La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale affirme que le RSS "est impliqué depuis des décennies dans des actes d'extrême violence et d'intolérance à l'encontre de membres de groupes minoritaires."
Le RSS conteste ces accusations d'intolérance et se présente comme un "mouvement civilisationnel et culturel centré sur l'hindouisme" dont l'objectif est de "mener la nation au sommet de la gloire", notamment en unissant les hindous.
Les Nations unies et les organisations de défense des droits de l'homme affirment que les abus à l'encontre des minorités indiennes, dont au premier chef les musulmans, se sont multipliés ces dernières années.
Ils énumèrent ainsi la montée des discours de haine, une loi sur la citoyenneté fondée sur la religion, la démolition de biens appartenant à des musulmans, la suppression de l'autonomie du Cachemire, à majorité musulmane, et une législation anti-conversion qui porte atteinte à la liberté de croyance.
Le gouvernement indien dirigé par le BJP nie toute discrimination et affirme que ses politiques, notamment les programmes de subventions alimentaires et les campagnes d'électrification, profitent à toutes les communautés.
(Kanishka Singh à Washington, version française Benoit Van Overstraeten, édité par Zhifan Liu)

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